Quand la nouvelle mariée quitte ses parents…

20150119_174617Partagée entre la joie d’aller rejoindre celui qu’elle a choisi comme mari et l’inquiétude de ce que l’avenir lui réserve dans sa nouvelle famille, soucieuses et silencieuse, la nouvelle mariée, dans un boubou blanc, couverte par la tenue traditionnelle qu’elle doit porter sur elle pendant quinze jours, le visage voilé, tête baissée, mains au dos, vient s’accroupir devant son père avec la plus grande soumission, pour lui demander pardon ; pardon pour tout ce qu’elle dû lui faire pendant toute sa jeunesse avant ce jour, ce grand jour «J», le jour où une nouvelle vie commence…

Oui, elle s’en va aujourd’hui rejoindre l’homme qu’elle a choisi pour passer le reste de sa vie avec. Ce jour, c’est la soirée du jour de la célébration du mariage chez les uns, une semaine dans d’autres localités et le quinzième chez d’autres… Ce jour, avant de franchir la porte de la cour parentale comme pour dire « Je ne vous appartiens plus, j’appartiens maintenant à une autre famille », la nouvelle mariée, en signe de grande soumission, de respect, et avec remord, vient s’accroupir, les mains au dos, devant son père, pour lui demander pardon!

Le Papa soucieux, entouré de ses frères et amis,  pensant aux premier pas de sa fille dans sa cour, les mains sur celles de sa fille, se trouve plonger dans un grand silence comme pour demander au tout puissant de réserver un avenir meilleur à sa famille chez son mari. Quelques minutes après ce temps de silence et d’inertie, le Papa, comme pour dire « je t’ai pardonnée ma fille » écarte les mains de sa fille et rompt le silence : « va respecter ton mari et tous ses parents comme tu nous as respectés ici dans cette cour depuis que tu as grandi. Sois une ficelle pour coudre les membres de ta nouvelle famille, ne sois pas une lame pour les déchirer  » Après ces mot de l’homme qui a eu la chance d’avoir une fille, l’éduquer et la donner en mariage, les bénédictions du côté paternel se croisent et créent du frisson dans le cœur de toute personne sensible au problème d’autrui même s’il n’est pas concerné directement.

Sur ces mots, notre sœur, celle qui doit s’armer pour affronter les difficultés de sa nouvelle vie, à pas ralentis, la main20150119_174654
droite dans celle d’une sœur de son mari, accompagnée d’autres femmes, se dirige vers sa mère heureuse assise au milieu de ses semblables à l’autre côté de la famille. Comme elle a fait devant son père, elle vient s’accroupir devant la dame qui a tant souffert pour elle et à cause d’elle comme pour dire : « Maman, pardonne-moi pour tout ce que j’ai fait de mal durant toute ma vie à coté de toi et bénis-moi pour que ma nouvelle vie conjugale me soit douce et heureuse… » (Vous n’allez peut-être pas le croire, mais j’ai laissé couler les larmes en ce temps là, alors que je ne connais même pas la mariée…Mais moi-même je sais pourquoi ces larmes…). La Maman, heureuse de vivre cet instant-ci, après un long silence sous les yeux de celles qui sont présentes, résume la tâche : « vas mettre en applications les bonnes pratiques que tu as apprises auprès de moi depuis que tu as grandi jusqu’aujourd’hui, tu seras heureuse ; mes bénédictions t’accompagnent… « 

Sur ces mots, la nouvelle mariée et celles qui l’accompagnent se dirigent vers la porte même si elles savent que d’autres entraves sont là ! Les jeunes frères et sœurs de la mariée bloquent le passage à la porte comme pour dire à ceux et celles qui sont venues chercher leur sœur: « ne partez pas avec notre sœur, celle qui a toujours été notre consolatrice…» C’est une coutume, mais avec une signification très profonde et c’est pourquoi une longue négociation commence pour que ces jeunes garçons et filles libèrent le passage. On va même jusqu’à leur faire un cadeau symbolique de quelques billets de Franc. Ainsi, la nouvelle mariée, avec ses bagages, rejoint sa nouvelle famille avec plusieurs femmes qui l’accompagnent.

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4 commentaires sur “Quand la nouvelle mariée quitte ses parents…

  1. Je suis surpris de me rendre compte que je ne savais pas tout ça de ma propre culture. Pourtant je suis marié et madame est venue avec la tenue et l’a gardé comme décris dans l’article. Je me rappelle cependant que la nuit de noce, des amis à moi ont dû s’engager pour payer le prix d’un mouton aux cousins de madame afin que ces derniers la libèrent et qu’elle me rejoigne. Ce sont des choses qu’on vit, tout le monde accepte mais peu de gens savent ce que cela signifie. Ce site nous apprend bien de choses sur nous même, c’est toute sa particularité. Bon vent !

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  2. Cet évènement est capital pour tous les pères qui ont la chance de le vivre.C’est un moment émotif du père ,de l’enfant; et de tous les témoins de la scène.Que les pères soient justes envers les enfants.Que les enfants soient respectueux envers les parents.Notre société neconnait que cela comme règle cotumière qui est à suivre.

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  3. nous devons nous interesser à nos valeurs et tradition et faire de notre possible pour conserver ce cadeau que nous a donné la nature.Notre plus grande fièrté c’est ça:le respect,la soumission,la dignité.
    Cherchons à nous connaitre nous meme car « connais toi toi meme est la meilleure des connaissances »

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