Au village, chacun détient des notions de réparation de ses outils de travail

Un pêcheur réparant son filet de pêche déchiré
                                                   Un pêcheur réparant son filet de pêche déchiré

Le Mali est un pays agropastoral par excellence. Chacun dans ses activités d’agriculteur, d’éleveur ou de pêcheur détient des notions lui permettant de se débrouiller dans la réparation de ses outils de travail en cas de petites pannes sans avoir tout le temps besoin de faire recours aux spécialistes en la matière. Ainsi, les paysans détiennent avec des marteaux et de l’enclume avec eux dans leurs champs pour limer les lames des houes, les pêcheurs sont capables de renouer les nœuds défaits ou les parties déchirées de leurs vieux filets de pêche et les éleveurs sont également capables de soigner leurs animaux malades sans l’aide des infirmiers. (ici, l’article n’a pas pour but de soutenir cette pratique risquée, surtout avec le cas des éleveurs qui concernent la vie des animaux où il est toujours nécessaire de faire appels aux spécialistes en la matière pour ne pas mettre la vie des animaux en danger. L’objet de l’article, c’est de montrer comment les populations rurales s’organisent pour mieux vivre sans avoir toujours recours à l’argent.

Dans chaque domaine d’activité tenue au village comme l’agriculture, la pêche, l’élevage, la chasse, la production du charbon, le forage de puits à la main, la maçonnerie, on retrouve un spécialiste qui s’occupe de la réparation des matériels de travail. Généralement ce sont des gens très renommés dans leurs activités à cause de l’accueil qu’ils réservent aux clients, leur habileté, leur ponctualité et leur franchise dans ce qu’ils font. A cause de la bonne qualité de leurs prestations, ils sont connus même au-delà de leurs villages. C’est pourquoi quand on rencontre un paysans se diriger vers un village avec des charrues dans la charrette, on peut déjà se faire une idée de chez qui il va pour réparer son matériel.

Mais malgré la présence de ces spécialistes dans les différents domaines d’activités dans les villages, chacun détient une notion lui permettant de se débrouiller à réparer les petites pannes de ses outils de travail sans faire recours aux spécialistes. C’est pourquoi, malgré la présence d’un forgeron au village, on trouve généralement dans les champs des paysans, de l’enclume et des marteaux pour limer les lames des houes, des clés pour démonter les pièces usées des charrues et monter les nouvelles pièces, des médicaments avec des éleveurs pour soigner les animaux et les objets chez les pêcheurs pour réparer les filet défaits ou déchirés. Cette pratique par les populations rurales a non seulement pour but de pouvoir économiser la petite somme qui devrait être utilisée pour la réparation de ces matériels, mais aussi pour une économie de temps ; une économie de temps car une forte demande chez les quelques spécialistes qu’on trouve dans les villages peut mettre certains clients en retard dans leurs activités. Cela concerne surtout les paysans dont le temps travail au champ est bien déterminé en fonction de la période pluviale.

Entraide entre les populations rurales dans les différents domaines

Comme signalé, chacun détient des notions dans les activités de revenue qu’il mène pour gagner sa vie. C’est alors à chacun sa compétence dans un domaine spécifique dans lequel l’autre à peu de notions. Pour se faciliter la vie, les populations rurales se mettent les compétences à la portée des un, des autres. Si par exemple un éleveur qui possède un petit champ n’a pas d’enclume avec lui, il rejoint son voisin paysan dans son champ et se sert gratuitement de son marteau et de son enclume pour limer sa houe. Ce dernier accepte ce service parce qu’il sait qu’un jour, il aura besoin de cet éleveur pour lui venir en aide afin de sauver la vie d’un animal malade. Ainsi, les populations rurales se viennent en aide avec le système « tous pour un, un pour tous ». Ils se facilitent la vie sans avoir trop recours à l’argent. Il est important de noter que dans cette complémentarité, personne n’est le plus considérée à cause de son avoir, mais à cause de son humanisme, de son sens de collaboration, d’entraide et d’intégration sociale. Cela est d’ailleurs retracé dans ce proverbe : « N tɛ nin kɛ maa ye, i laban ye kelenya ye ». (Je ne fais rien pour personne, tu finiras par être seul).

Se plier à ces règles sociales ne constitue une contrainte pour personne parce qu’elle s’apprend ! Elle est cultivée à l’enfant depuis à bas âge. Ainsi, chaque enfant au village y est habitué et se sent à tout moment au service de tout le monde à chaque fois qu’une activité tombe dans son domaine de compétence. Cela explique un peu le sens du volontariat naturel des citoyens du village.

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