La production du beurre de karité dans les villages maliens

Photo prise à Doulé, Province du Sourou, Burkina Faso en 1996 par Jacqueline Ancelot
Photo prise à Doulé, Province du Sourou, Burkina Faso en 1996 par Jacqueline Ancelot

Dans les localités rurales et dans les villes au Mali, le beurre de karité est utilisé pour plusieurs besoins quotidiens. Dans les villages, le beurre de karité est  quotidiennement utilisé dans la préparation des repas. Les vieilles femmes l’utilisent dans la fabrication du savon traditionnel. Il joue également un grand rôle dans le domaine de la médecine traditionnelle à cause de ses vertus. Lire la suite

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Le rôle social des cérémonies annuelles dans les villages

Les vieilles personnes aussi dansent lors des cérémonies au villages
                                Les vieilles personnes aussi dansent lors des cérémonies au villages

Les cérémonies de mariage et de fêtes traditionnelles annuelles constituent des occasions de retrouvaille et d’intégration sociale entre les jeunes de différents villages maliens. Ces fêtes se tenaient chaque année dans presque tous les villages du Mali. C’était une occasion pour les jeunes de plusieurs localités de se retrouver d’une manière successive dans différents villages pour se tisser des liens de connaissance, d’amitié et de collaboration. Lire la suite

Proverbe : « Attaches-toi non loin du village afin que ceux qui doivent te détacher te retrouvent facilement »

DSCN8250« Attaches-toi non loin du village afin que ceux qui doivent te détacher te retrouvent facilement » est un proverbe, un conseil de sage à l’intention de ceux qui s’efforcent de se donner un niveau de vie qu’ils n’ont pas encore atteint. vivre, c’est comme construire une maison en allant d’une brique à une autre jusqu’à atteindre le niveau qu’on souhaite atteindre sans sauter d’étapes afin que la maison ne s’écroule vite. Selon les sages du village, l’on se cause aujourd’hui de faux soucis chacun voulant vivre comme l’autre même s’il n’a pas les moyens financiers.  Vivre dans une apparence qui n’a jamais porté fruit, toujours selon les vieux du village, c’est se tromper, c’est s’éloigner de soi, de ses semblables, de ceux qui doivent te secourir en cas de soucis.

Alors, un bon conseil à suivre pour vivre tranquille, pour vivre dans la paix et pour rester soi-même.

Ségou : de San à Kondia, ils découvrent grâce à leurs charrettes à cheval

Cherrettes pour chevaux au Mali
Cherrettes pour chevaux au Mali

Le voyage, comme la lecture, le cinéma, est une source inépuisable de connaissance.  Celui qui voyage découvre le monde : il voit, il entend, il analyse. Ainsi, il apprend, il comprend, il se compare et se corrige…

C’est le cas de quatre jeunes agarçons d’un village du Cercle de San qui, au lieu de se rendre dans les grandes villes pour l’exode rural, ont préféré rejoindre des villages du Cercle de Ségou, principalement dans le village de Kondia et ses environs, avec leurs charrettes pour cheval. Ils sont tous des amis et viennent du même village.

Ou se trouve Kondia ?

Kondia est un gros village de la commune rurale de Cinzana-Gare, Cercle et Région de Ségou. Avec une forte population, l’agriculture y constitue l’activité principale avec le petit élevage. Un petit hameau de peulhs auparavant en cases rondes, mais aujourd’hui en banco comme chez les bamanans à cause du manque d’herbes pour faire la toiture, situé très proches du village, favorise l’élevage. Pour plus d’information, retrouver ici, l’image satellitaire.

Dans les localités rurales du Mali, la charrette occupe une très grande place dans les travaux domestiques et

Charrette pour boeufs au Mali
Charrette pour boeufs au Mali

champêtre. Ainsi, il y a des charrettes pour les ânes, des charrettes pour bœufs et des charrettes pour les chevaux selon les localités. Dans le cercle de Ségou, la charrette pour ânes est beaucoup plus utilisée. On y trouvait des charrettes pour bœufs, mais cela se fait très rare ces dernières années. Dans le Cercle de San, les charrettes pour chevaux sont beaucoup plus utilisées.

En cette période de récolte, les besoins en charrettes dans les villages se font beaucoup sentir pour le transport des épis dans les champs sur les aires de battage  des sacs de mil dans les familles après les battages des mil. Parfois, pour les grandes familles où le travail doit se faire en quelques jours, il s’étend sur des semaines à cause du manque de charrettes car, chaque famille travaille au même moment avec la sienne, donc difficile d’en avoir…

Ces quatre jeunes garçons du Cercle de San ont saisi cette occasion pour se rendre dans des gros villages du Cercle de Ségou avec leurs charrettes tirées par chevaux dont le volume est beaucoup plus supérieur à celui d’une charrette pour ânes, donc pouvant transporter plus de bagages que ces dernières…

Que contient le séjour de ces jeunes charretiers dans le village de Kondia, dans la comme rurale de Cinzana-Gare, Cercle de Ségou ?  

Des greniers d'une seule famille à Kondia au Mali
Des greniers d’une seule famille à Kondia au Mali

Ayant appris par des saisonniers partis chez eux, que des besoins en charrettes se posent dans les localités rurales du Cercle de Ségou en période de récolte, ils ont opté pour venir chercher de l’argent avec les grosses charrettes tirées par des chevaux, que de partir à Bamako comme leurs semblables du village l’ont fait. A leur arrivée, aucun regret de leur idée parce que leur service est quotidiennement sollicité par des chefs de famille qui sont dans le besoin soit pour aller ramasser des épis de mil dans les champs et les transporter sur les aires de battage, soit pour transporter les sacs de mil pour les greniers après le battage. Ils sont également sollicités par les commerçants de céréales pour transporter leurs sacs de mil au marcher. Pour ces services effectués, Ils sont payés soit en argent ou en espèce. Ils sont tellement sollicités qu’ils n’arrivent pas à satisfaire les demandes, donc, ils sont contents.

La surprise c’est qu’au-delà de ce côté financier, ces jeunes de quinze à dix sept ans n’oublient pas d’évoquer le facteur culturelle, traditionnelle et sociale qu’ils ont découvert au cours de ce voyage. Selon ces jeunes, c’est leur première fois de tenter cette aventure, mais ça leur a déjà été bénéfique pour avoir passé des nuit dans des villages et de rencontrer des gens qu’ils ne connaissaient pas. A leur arrivée également à Kondia, ils ont été bien accueillis et leur intégration a été très facile, surtout avec leur groupe d’âge dans le village.

Comme tous les autres jeunes du village de Kondia, ils passent la journée à travailler entre les champs et les aires de battage. La nuit, ils partent causer avec leurs amis dans le village. Au cours de ces causeries, ils ces jeunes étrangers se rendent compte que le Mali est grand et riche de culture, de traditions, de coutumes, même si des fois selon eux, les pratiques culturelles et traditionnelles sont un peu différentes des leurs. Ainsi, la causerie ne porte pas sur la vie en ville, mais sur les fêtes traditionnelles annuelles, les mariages, les totems, les interdits dans les villages, le rapport entre jeunes et vieux, les tenues, les arbres et les lieux sacrés du village un vrai échange culturel et linguistique en langue Bomou et en langue Bamanan, une vraie intégration villageoise. (Ces jeunes n’ont pas leurs langues dans la poche. Ils répondent à toutes les questions, sauf qu’ils n’ont pas accepté qu’on leur prenne en photos ou les filmer…).

Pour la nourriture et l’hébergement durant leur séjour, ils disent que cela a été facilité par le système de « djatiguidon ». L’échange n’a plus continué sur  cette pratique parce qu’elle est connue et bien pratiquée dans la Région de Ségou.

C’est quoi le « djatiguidon » ?

« djatiguidon » est un consensus verbal entre un saisonnier et son tuteur autour du logement et du manger durant le séjour de l’étranger. Dans les villages, un étranger de passage, même s’il fait des mois, ne paye ni le logement, ni les repas qu’il mange dans la famille de son hôte. Mai bien sûr, s’il n’est pas vieux ou malade, il aide de temps en temps, les membres de la famille au travail si la raison de son séjour lui permet. Il y a même un proverbe bambara pour signaler cela : «Dounan sedouman ni bogotia » « l’étranger arrivant vite, trouve devant lui, le travail du banco ».   A détailler dans les articles à venir…) Mais le saisonnier travailleur qui arrive dans le village, il paie le logement et le repas par le système de «Djatiguidon» qui consiste pour l’étranger à travailler cinq jours pour ceux qui demandent son service et un ou deux jours gratuitement (selon l’accord) pour son titulaire. Ces un ou  deux jours dont appelés « djatiguidon » (les jours pour le tuteur). Il travaille ces jours pour son hôte en contrepartie du frais de logement et du repas, mais jamais en argent selon les règles sociales.

Pourquoi le « djatiguidon » ?

Cette pratique à l’origine, n’a pas été imposée par les tuteurs, mais par les étrangers eux-mêmes et chaque étranger s’engage volontairement à respecter cette close !  Naturellement, la société traditionnelle malienne n’appréciait pas qu’un «Kamalenkoro»  (un jeune homme parfait) se fasse nourrir gratuitement par d’autres personnes. Cette pratique est appelée «Fadento» (Le repas du semblablable) et est carrément interdite dans notre société. Il doit et vouloir et pouvoir toujours se prendre en charge, partout où il se trouve, dans le cadre du travail, mais quand il devient incapable pour des raisons, on lui vient au secours. Alors, le « djatiguidon » dans ce sens a pour but de permettre à l’étranger de manger à sa faim parce qu’il sait qu’il ne mange pas gratuitement, mais aussi, d’empêcher, en cas de conflit un jour avec les enfants de son hébergeur, de lui dire qu’ils le nourrissent gratuitement. Une autre raison c’est que consciencieusement, lui, l’étranger, ne peut pas venir se faire nourrir et loger par d’autres personnes au moment où il cherche de l’argent pour lui.

Cette pratique existe toujours dans certaines localités du Mali, surtout dans la Région d Ségou et applicable seulement aux saisonniers. Elle facilité le séjour de nos quatre jeunes de San, séjournant dans ces villages…

Production (extraction) traditionnelle du miel dans les villages maliens

DSC_0004 - CopieLe miel est considéré comme un aliment nutritif très riche en vitamine par les populations locales, comme dans les villes. Dans certains villages, le miel remplace parfois le sucre dans certains aliments comme la bouillie. Il est également consommé tout simplement comme remède contre la fatigue, la courbature…. On retrouve en général les ruches d’abeilles dans les grands trous sur les gros arbres dans la forêt, comme le baobab…

Nous pouvons considérer qu’il y a deux formes traditionnelles de production (extraction) du miel dans les villages maliens.

La première, pratiquée en général par les jeunes garçons,  vise à trouver juste une certaines quantités de miel pour la consommation familiale. Pour cette forme d’extraction du miel, un groupe de jeunes se rend la nuit sous l’arbre à ruche avec de très grandes tiges rassemblées et attachées trois à quatre fois au milieu. Arrivés dans la grande forêt, certains montent sur l’arbre avec des tiges qu’ils allument et maintiennent la flamme à l’entrée du trou où sont logées les abeilles. A cause de la grande chaleur à l’intérieur,  les abeilles cherchent à sortir du trou et se font bruler par le feu. Quand il y a peu d’abeilles pouvant piquer, quelqu’un met la main dans le trou pour extraire la ruche et la mettre dans une calebasse tenue par un autre qui l’accompagne pendant l’opération. Quand ils finissent d’extraire la ruche, ils descendent pour aller à la maison. Il est très nécessaire de préciser que pour participer à cette opération, il es interdit de se parfumer et sous l’arbre, tout se fait par des gestes de mains pour ne pas éveiller le soupçon des abeilles qui peuvent attaquer dangereusement…

La seconde forme est réservée aux vieux sages du village, mais appuyée par un jeune pour la montée et la descente duDSC_0007 piège aux abeilles. Ces objets traditionnels accrochés aux branches de ce grand baobab sont l’œuvre d’un vieil homme, surement un habitant d’un village non loin de là. Ce sont des pièges pour loger les abeilles afin d’extraire leur ruche après quelques mois. La fabrication de cet traditionnel appelé «ŋunun » en bambara, et son utilisation pour l’extraction du miel son strictement réservées aux vieux hommes. Un vieux qui pratique ce métier se fait accompagner par un jeune en qui il fait confiance. Il peut être un de ses fils, comme un autre jeune du village qu’il admire et en qui il fait confiance pour la transmission de son savoir traditionnel (les incantations qui accompagnent cette activité d’extraction de ruche).

DSC_0011Cet objet est composé de pailles dressées, de bâtons, de morceau de calebasse couverte de bouse de bœufs. Les petits trous sur ce morceau de calebasse au bout, permettent  l’entrée et la sortie des abeilles… l’objet peut durer parfois plusieurs mois avant que ça ne soit rempli de ruches par les abeilles. De temps à temps, le propriétaire part contrôler son piège. S’il le trouve rempli de ruches par les abeilles, il procède à sa coupure pour le ramener en bas avant de commencer à enlever le contenu. Attacher l’objet aux branche d’arbres, le couper et le tirer en en bas pour la descente, l’ouvrir pour enlever le contenu, toutes ces étapes se font avec des incantations que le jeune compagnon du vieux apprend avec lui au fur et à mesure. Par certains vieux, ces étapes se font avec du feu pour tuer les abeilles, mais d’autres le font sans feu et parfois en mettant la main dans l’objet au milieu des abeilles sans craindre la piqure leur piqure. Tout cela démontre la partie incantatoire. Il est nécessaire de signaler qu’il est très difficile de tomber sur le reste de cet objet. Quand les vieux finissent d’enlever le miel, ils brulent tout, tout, même les petits bouts de paille… (Significatif également)