Mali: la promotion de la culture recule-t-elle face à l’insécurité?

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Jeunes peuls entrant en héros dans le village

L’édition 2016 du Yaaral, communément appelé la traversée des bœufs et  initialement prévue le 21 novembre, a été annulé  à cause des risques d’insécurité dans la localité. Ce beau monde venant de partout à travers le monde pour découvrir le talent culturel des jeunes de la localité de Diafarabé, n’a pas pu se tenir cette année. Les amis de la culture malienne, les touristes et les populations des localités qui prenaient part à cette grande fête annuelle, sont tous restés nostalgiques.

Selon wikipédia, l‘Espace culturel du Yaaral et du Dégal désignent les festivités annuelles peules qui entourent les traversées du Fleuve Niger par les troupeaux de retour de transhumance dans le delta central du Niger au Mali. Ces manifestations, qui remontent au XIVe siècle, ont été réglementées par un code établi par l’empereur peul du Macina Sékou Amadou en 1821. Le Yaaral ouvre les festivités à Diafarabé. Les troupeaux se dirigent ensuite vers Dialloubé ou le Dégal clôt les festivités.

Ces festivités combinent plusieurs expressions culturelles comme la danse et la musique, ou le concours du plus beau troupeau

Proclamé chef-d’œuvre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2005, l’Espace culturel du Yaaral et du Dégal a été classé au patrimoine culturel national par décret au conseil des ministres du 3 septembre20081.

Au-delà de son facteur économique, touristique et spectaculaire, cette fête ancestrale constitue une opportunité d’intégration sociale et une école d’apprentissage des pratiques anciennes traditionnelles et culturelles pour les jeunes. Elle constitue également une opportunité annuelle pour les populations de différentes contrées, de se rencontrer, de se connaitre, d’échanger et de partager leurs savoirs et leurs expériences.  La fête permet aux jeunes peuls, de retour du pâturage,  d’exprimer leur résistance face aux aléas climatiques et leur capacité de bien nourrir les animaux et de les protéger contre les bêtes féroces dans la grande forêt et de les ramener saints et saufs dans le village. C’est également une période de joie pour les parents, épouses et amis de rencontrer les personnes qu’ils aimes et auxquelles ils ont été séparées durant des mois et qui couraient des danger tout au long de leur séjour dans la grande forêt. La joie de rencontrer saines et sauves, les personnes qu’on aime, la joie de voir son volaille multiplié et bien nourri, la joie de voir son enfant et son époux bien accomplir une tâche qu’on lui a confiée, sont des émotion qui dominent la localité tout au long de cette période, car la responsabilité est grande et l’humiliation est sans limite, quand un de ces jeunes faillit à cette responsabilité.

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Tribune officiel
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Les gens venus de partout à travers le monde
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Les jeunes peuls traversant le fleuve avec les bœufs

Période de joie et de grandes émotions sur toutes les populations, la traversée des bœufs à Diafarabé, du début à nos jours, contribue à la perpétuité des tresses traditionnelles féminines, des fabrication et de la manipulation des gourdins par les jeunes peules, de l’utilisation des instruments de musique traditionnelle ainsi qu’à la transmission des chants et des pas de danse aux jeunes générations. Bref, le Yaral constitue un repère culturel pour les jeunes et une manière de préserver, de  valoriser et de promouvoir les pratiques traditionnelles et culturelles de leurs localités tout en suivant et en innovant petit à petit, la trace des  anciens pour renforce la paix, la cohésion et la stabilité sociale.

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Les jeunes peuls au retour, en train de danser autour des bœufs formant un cercle
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les parents et les épouses contentes du retour des berges et des animaux saints et saufs

Empêcher ce rassemblement des populations peuls, c’est de priver les jeunes et les populations de s’épanouir  avec  leur valeurs  traditionnelles, culturelles et sociales, la seule grande occasion pour eux d’exprimer leur talents face au monde entier.  A cause de cette annulation, seront alors individuelles, la joie, l’émotion, le savoir et les  grandes expériences qui se partageaient avec le grand public tout au long des festivités de cette pratique culturelle qui a existé tant  d’années. Chaque jeune berger, obligé de traverser seul et de manière cachée pour sauver sa vie et la vie de ses animaux, aura la pensée fixée sur les éditions passées et remémore intérieurement son parcourt et son talent qu’il devrait bien avoir l’occasion d’exprimer aux grands publics, mais la crainte de leur sécurité leur en empêche!

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Les jeunes peuls avec les gourdins
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Un jeune peul avec son gourdin la veille
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Soirée de danse musicale des jeunes peuls

Nous vivons cette année en souvenir, cette grande manifestation culturelle sans pour autant baisser les bras. Nous allons tous et ensemble, user de nos capacités pour maintenir perpétuelle, cette pratique culturelle ancestrale dans notre pays et redonner aux jeunes des localités concernées, d’avoir toutes les opportunités d’exprimer leurs talents.

D’ici, en plus des images de l’édition 2014 dans notre galerie photo, nous allons bientôt vous faire revivre cette fête en vidéos photos dans un prochain article, d’où la nécessité et les objectifs de notre projet de sauvegarde du patrimoine africain.

Que le Mali se stabilise et que la paix régné dans notre pays.

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3 commentaires sur “Mali: la promotion de la culture recule-t-elle face à l’insécurité?

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